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"Trombes d'eau dans les vignes : pas de moelleux cette année" titrait La Nouvelle République du Centre-Ouest des samedi 14 et dimanche 15 octobre 2006. Et de citer plusieurs vignerons et responsables syndicaux des appellations et qui confirmaient l'information : alors que la situation au 14 septembre laissait présager un millésime exceptionnel, proche de 2005, les averses qui se sont abattues sur la Touraine à partir du 15 septembre ont obligé les vignerons à vendanger dans l'urgence.-----------------------
En moyenne, il est tombé plus de 60 millimètres de pluie à partir du 15 septembre sur les deux vignobles de chenin qui se font face de part et d'autre de la Loire à l'est de Tours. Localement, le cumul mensuel des précipitations dépasse 100 mm et la a même enregistré en certains endroits des pluies centennales qui ont atteint 80 mm en 24 heures les 14 et 15 septembre.
Des deux côtés de la Loire, les vignerons produiront donc des vins effervescents et des vins secs, et ont dû renoncer à produire des moelleux. Ce qui n'est pas un drame en soi tant les caves de tuffeau recèlent encore de grands moelleux et liquoreux des millésimes 2003 et 2005.

Mais ce qui est vrai pour la Touraine ne l'est pas forcément pour l'. Côté météo, la pluviométrie du mois de septembre en Maine-et-Loire a dépassé les records d'Indre-et-Loire. "Deux épisodes de fortes pluies ont sévi particulièrement sur le département, d’une part du 13 au 15 et d’autre part du 21 au 22" résume le site de Météo-France. "Au final, la répartition géographique va de 70 à 80 mm dans le Baugeois et Saumurois jusqu’à 130 à 140 mm du Lion d’Angers à St Léger des Bois, Beaucouzé et Montreuil/ sur/Loir et le maximum de pluies recueilli touche les Gardes (149 mm), Cholet (159 mm) et à Martigné-Briand (160 mm)". Dans les secteurs du Layon et de l'Aubance, au cœur de la production des vins moelleux angevins, le cumul des précipitations représente 100 à 120 mm concentrés sur la deuxième décade de septembre.
"Mais sur les schistes angevins, la vigne est moins sensible aux excès d'eau que sur le calcaire tourangeau" explique Philippe Delesvaux, vigneron à Saint-Aubin de Luigné. Il semble donc qu'on ait pu sauver les meubles.
Le 11 octobre, Patrick Baudouin conservait encore précieusement 60 ares de chenin sur le coteau des Bruandières où le raisin n'avait pas souffert de la pluie. Et les photos prises ce jour là confirment la qualité des raisins botrytisés.
"Ça n'était pas facile" explique Eric Tournay, œnologue de l'UAPL. "D'autant qu'en l'absence de vent, il n'y a pas eu de concentration par passerillage". Dans les domaines suivis par cet œnologue, on a fini les derniers tris le 20 octobre. "Il n'y aura pas de gros volumes, mais on a pu vendanger des lots qui donneront des moelleux atteignant jusqu'à 75 grammes de sucre résiduel".
"Ceux qui ont bien préparé leurs vignes s'en sont sortis correctement" explique surtout cet œnologue. Un avis que partage Philippe Delesvaux. "C'est un millésime de vignerons qui conforte l'idée que faire du liquoreux ne s'improvise pas. Le choix des parcelles, des cépages, des plants, du mode de culture... préparent la production de ces vins. Cette année a montré à quel point le travail du sol et l'enherbement permettent de gérer les excès d'eau".
Le vigneron a vendangé ses différents cépages entre le 25 septembre et le 17 octobre. En vendangeant d'abord des lots à 15 ou 16 degrés de potentiel qui donneront des - Saint Aubin de Luigné avec 80 grammes de sucre résiduel. Et les derniers jours, il a pu réaliser quelques tris pour des "Sélection de Grains Nobles" qui atteindront 180 à 200 grammes de sucre résiduel.
"Les meilleurs liquoreux ressembleront à ceux de 2004" estime Philippe Delesvaux. "Avec un très bel équilibre entre sucre et matière".
Même si les rendements de ces très belles cuvées seront faibles (de 10 à 20 hl/ha) on pourra donc trouver, chez les vignerons les plus attentifs aux soins de la vigne et aux tris de la vendange, quelques cuvées de moelleux et de liquoreux angevins.




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