“La vigne, c’est une danseuse” 
Rencontre avec Louis-Jean Sylvos, vigneron au château de la Roche à Cheillé
Et alors que les investisseurs effectuent souvent un véritable tour de France pour trouver la propriété de leur rêve, Louis-Jean Sylvos a acheté la première propriété qu’il a visitée en 2002, le château de la Roche à coté d’Azay-le-Rideau. “Un vrai coup de foudre ! Avec le TGV, je suis à moins de 2 heures de Paris, c’est une belle région et la taille du domaine, sur 35 ha d’un seul tenant, me convenait parfaitement”. “6,5 ha de vignes, 9 ha de bois, 14 ha de céréales, 4,5 hectares de poiriers et 3 ha de pelouses à tondre !” précise tout de suite ce nouvel exploitant agricole pour mieux rappeler que la vie de propriétaire terrien nécessite souvent de conduire différentes cultures. Les cultures de céréales et de poiriers ont été confiées à un sous-traitant et sont vendues à une coopérative.
Mais c’est la vigne qui a attiré ici ce parisien. “J’avais envie de faire mon vin, sur un vignoble conduit en agriculture biologique et avec des fermentations naturelles, sans levures artificielles”.
Après avoir créé une Société Civile d’Exploitation Agricole (SCEA) qui emploie l’ouvrier viticole qui travaillait depuis 30 ans au domaine, le nouveau vigneron a pu découvrir les joies du métier : “En reprenant le domaine, je savais que le matériel était obsolète et qu’il n’y avait pratiquement aucun circuit de commercialisation. Il a donc fallu investir et aujourd’hui, je ne peux pas dire combien de temps il me faudra pour que les comptes s’équilibrent. Ce sont mes autres revenus qui me font vivre et je dois remettre chaque année de l’argent dans le domaine. C’est une vraie danseuse !”. Mais la joie du vigneron, ce sont ses vins d’ores et déjà reconnus pour leur qualité et vendus pour 50 % chez des cavistes parisiens, pour 40 % à l’export et pour le reste au domaine. 3 ans après son installation, Louis-Jean Sylvos est intégré au sein du syndicat des vignerons de l’AOC Touraine-Azay-le-Rideau auquel il apporte son expérience du marketing et de la communication. La principale difficulté qu’il a rencontrée, c’est le “maelström de paperasse” qui régit la viticulture. “MSA, Douanes, Fraudes, Inao, Interprofession... C’est un vrai casse-tête, personne ne vous informe et on vous distille l’information au compte-gouttes...”. Mais le plaisir de faire naître chaque année ses vins blancs et rosés lui fait tout oublier !
* Les vins du Château de la Roche sont notamment disponibles à la cave “Le vin en tête”, Paris XVIIème.
Article publié dans le dossier "devenir propriétaire terrien" du magazine Quitter la ville, numéro 3, été 2005. abonnement@quitterlaville.com
Par © Ligérienne de Presse / Quitter la ville | Avant | Mardi 23 Août 2005, 18:52 | Après | Actualité | aucun commentaire








