Sur les bords de Loire, les 80 vignerons de l’appellation d’origine contrôlée (Indre-et-Loire) ne sont pas directement concernés par les “mesures conjoncturelles” annoncées ce lundi 31 janvier par le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau.
Avec leurs collègues vignerons des 69 autres appellations du Val de Loire, ils reçoivent à partir d’aujourd’hui et pour 3 jours leurs clients français et étrangers au Salon des vins de Loire à Angers (Maine-et-Loire) et espèrent bien conforter en 2005 les bons résultats économiques des années précédentes : sur la campagne 2003-2004, le prix des vins de Vouvray a augmenté de 18 % pour les vins effervescents et de 3 % pour les vins blancs tranquilles et ces hausses font suite à une progression régulière qui a augmenté les prix de 20 % au cours de 5 dernières années. “La force économique de Vouvray est d’être une appellation aux multiples facettes” analyse Jean-Pierre Gouvazé, délégué régional Touraine d’Interloire, l’interprofession des vins du Val de Loire. Avec un seul cépage, le , Vouvray produit en effet des vins effervescents, essentiellement commercialisés sur le marché français, et des vins tranquilles secs, demi-secs et moelleux, dont 54 % de la production est exportée. Suivant les bons résultats économiques du champagne et des autres vins effervescents, les 60 000 hl de Vouvray effervescent produits chaque année échappent à la crise et les ventes ont augmenté de 0,6 % dans les grandes surfaces françaises entre août 2003 et août 2004. Très prisé par les Américains et les Britanniques qui consomment respectivement 46 % et 38 % des 30 000 hl exportés, les Vouvray, qu’ils soient sec, demi-sec ou moelleux, proposent une palette d’arômes propre à accompagner de nombreux mets : poissons, fruits de mer, volaille, desserts... “On a parfois encensé des vins plus techniques, à boire à l’apéritif, mais qui amènent vite à saturation” estime David Biraud, sommelier au Crillon et meilleur sommelier de France 2002. “Le Vouvray est un vrai vin de gastronomie, un vin équilibré qui s’invite facilement à table et qui donne envie de reprendre un verre”. Seule inquiétude pour les vignerons de Vouvray, l’export a connu ces deux dernières années une baisse sensible qui représentait 12 % entre 2002 et 2003. “Nos principaux marchés se trouvent en dehors de la zone euro et la baisse est due en grande partie à la parité de l’euro par rapport au dollar et à la livre” estime Philippe Thierry, directeur de la Cave des Producteurs de Vouvray. Si les vignerons vouvrillons sont bien loin de demander des aides à la l’arrachage ou au retrait du marché de volumes excédentaires, une cinquantaine de vignerons ont cependant manifesté à Tours le 8 décembre dernier, répondant au mot d’ordre national des organisations viticoles. “Nous ne réclamons pas d’argent” estime Philippe Brisebarre, président du syndicat des producteurs. “Mais il est essentiel que les pouvoirs publics prennent conscience de l’importance de l’image du vin en France. Lorsque nous vendons nos vins à l’étranger, nous vendons de l’image. Et il serait grave que cette image soit abîmée par des attaques incessantes contre le vin”.